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Un rĂŞve qui prend forme, tranquillement...


Les semences sont en terre, les tuyaux d’irrigation aussi. Avec le début de la saison des pluies, Darling et sa famille ont pu reprendre leur travail d’agriculteurs. Goutte à goutte, le réservoir d’eau de pluie du PECAN se remplit, comme une promesse de temps meilleurs.

Fin mai, les premières pluies ont été faibles, mais régulières. Cela a suffi pour convaincre Darling Esposito Ramirez de semer. Les grains de maïs sont dans le sol, les plants de tomates prennent tranquillement de la maturité dans une pépinière improvisée, avant d’être transplantés aux champs.

Une cinquantaine de mètres plus loin, le réservoir construit par le PECAN commence à s’imperméabiliser, à se remplir d’eau de pluie. Darling devra attendre encore quelques mois avant que l’immense trou ne soit plein; les fortes pluies débutent traditionnellement en août. Pour l’instant, l’homme de 27 ans n’est pas préoccupé; il a confiance en Dame nature et n’a pas besoin de son réservoir avant la fin de l’année, puisque la pluie fournit présentement l’humidité nécessaire.

Pour les semences de la période sèche, l’eau du réservoir sera acheminée aux champs dans des tuyaux de plastique d’environ cinq centimètres de diamètre. Les plants seront abreuvés par le système de goutte à goutte : de petits tubes noirs qui courent le long de chaque sillon. À intervalles réguliers sur chaque tuyau, une mince fente permet à quelques millilitres du précieux liquide de s’écouler directement aux pieds de la plante en croissance. Simple et efficace dans un pays où l’eau est rare.

Une solution qui fait ses preuves

« J’ai espoir, lance-t-il, calmement. Je veux que le technicien m’aide à améliorer mes méthodes de travail, à réduire les maladies qui affectent mes légumes. Ici, nous voulons nous améliorer. J’ai de grands espoirs de prospérité », confie-t-il.

L’expérience de la quarantaine de producteurs déjà associés au PECAN depuis un an est justement garante d’espoir. Ainsi, plusieurs ont doublé le nombre de récoltes produites dans une année. Mais le plus important, selon une analyse récente effectuée pour le projet, est l’augmentation importante des revenus. La culture de semences à la base de l’alimentation au Nicaragua, soit le maïs et les frijoles (fèves noires), rapporte peu en comparaison à d’autres légumes, comme les poivrons ou les tomates.

L’analyse du PECAN estime que la production de tomates ou de poivrons permet de réaliser un profit d’environ 1 300 dollars américains par récolte. C’est près de deux fois le revenu moyen d’un Nicaraguayen.

Dans la communauté de Las Palmeras, Darling a les pieds bien ancrés sur sa terre vallonnée. Ses rêves de fortunes sont modestes. Il veut d’abord améliorer sa petite demeure au toit troué. Francisca, sa femme de 21 ans, se surprend à rêver éveillée. Gênée, elle avoue souhaiter une cuisinière au gaz. « La cuisson est plus facile que sur une cuisinière alimentée au bois, et cela ne produit pas de fumée...»

  


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