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JOUR 198 11 octobre 2009

RETOUR SUR TERRE

Avant et après : mission accomplie pour la contagion clownesque des habitants de la SSI!

Par Guy Laliberté

Après l’événement de la Mission sociale poétique, on en était déjà rendu à préparer notre retour. Encore des accolades, quelques larmes à l’œil, des souhaits, des au revoir… et le cœur gros quand la porte du Soyouz s’est refermée sur nous. On a vérifié notre équipement et le retour s’est fait très rapidement. On a fait 2 orbites et au-dessus de l’Afrique, c’était l’opération technique pour nous projeter dans l’angle de rentrée sur Terre.

Après cette manœuvre, on ne peut que descendre! Après le départ, la rentrée dans l’atmosphère est une des périodes les plus critiques. C’est une expérience physique composée d’adrénaline et de mouvement.

Après la séparation de nos modules, on constate qu’on entre dans le bleu de la couche d’ozone. On aperçoit des flammèches aussi : la température monte à 1600° C à l’extérieur! On atteint le 4G pendant plusieurs minutes : on se sent petit et c’est très intense!

Puis on arrive dans l’atmosphère terrestre et sa gravité : tout ce qui n’était pas bien attaché dans le Soyouz tombe et nous, on se sent bien lourds!

Le premier parachute s’ouvre à 10 km pour permettre la sortie de tous les parachutes. Le deuxième parachute sert au freinage : ça brasse dans la cabine! J’avais oublié le 3e parachute, qui brasse encore plus : on pivote, ça fait du bruit… C’est plus que « rock‘n’roll » : c’est du « rocket roll »!!

On prend contact avec la sécurité au sol (équipe de survie) et on se prépare à l’impact : c’est comme un accident de voiture. Mais nos sièges, moulés précisément pour notre corps, amortissent le choc. On avait l’impression de rouler sur nous-mêmes mais, en fait, on était tout simplement tirés par le parachute.

Notre descente ayant été normale, après 1-2 minutes seulement, j’avais quelqu’un qui cognait déjà à ma fenêtre! Ils ont roulé le Soyouz pour ouvrir la porte et on a sorti le commandant, l’ingénieur et moi-même. En sortant, on sent qu’on n’est pas balancé : la tête nous tourne, nos muscles sont mous… C’est une drôle de sensation : un manque total de contrôle.

Première sensation agréable : l’odeur de la Terre! Hmmm : qu’est-ce qu’elle sent bon!

On prend un peu l’air dehors, puis on est transportés dans la tente médicale où on enlève notre scaphandre et on fait une série de petites vérifications de notre état physique. Une fois la stabilisation physique confirmée, on prend l’hélico pendant 2 heures pour une première conférence de presse à l’atterrissage. Je n’étais pas aussi affecté que mes deux coéquipiers puisque mon séjour dans l’espace fut de courte durée, mais pour eux, qui ne pouvaient même pas tourner la tête, c’était plus difficile.

Après la conférence de presse, on prend un avion jusqu’à Star City. On profite de ce vol pour manger, se reposer… En arrivant à Star City, c’est le comité d’accueil, l’autobus, les médecins : on entre officiellement en quarantaine (encore)!

Les conjointes de Gennady et Mike sont présentes. On se rend tous au bâtiment où on habite (Old Prophy) : il y a une fanfare qui nous accueille et, oh surprise! Oh joie! Mon amour Claudia a fait un petit saut à Star City pour me voir! Ça faisait du bien de pouvoir enfin s’embrasser sans que les médecins nous en empêchent!

On passe encore une fois une série d’examens plus approfondis : les articulations, les prises de sang… et alouette!

Je prends une bonne douche (divin!) et me rase… Au fait, j’avais tenté une expérience à bord de la SSI pour me laisser pousser les cheveux mais force est d’admettre qu’il n’y a plus d’espoir pour moi de ce côté-là!! ;-)

Claudia m’a concocté une soupe riz et poulet comme je l’aime, puis on s’est tapé un petit film et très rapidement, Guy s’est endormi! Je me suis réveillé à plusieurs reprises, avec l’impression que je flottais... On en profitait alors pour placoter!

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FIN DE L'AVENTURE À STAR CITY