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JOUR 196 9 octobre 2009

L’ÉVÉNEMENT

Après les nez de clown, les nez d’eau!

Par Guy Laliberté

Le 9 octobre, on a eu la chance d’avoir un uplink pour voir l’événement en direct. Je ne sais pas si c’était une bonne chose finalement, car ç’a coupé à 3 reprises à cause de la couverture satellite; c’était saccadé, on ne voyait pas bien, alors je ne pouvais pas savoir si ça sortait bien ou non pour vrai. Dès la fin de l’événement, j’ai appelé Montréal pour savoir si ça avait bien sorti et j’ai été soulagé d’entendre que l’équipe était très satisfaite et qu’il n’y avait eu que quelques distorsions sans importance. J’étais heureux!

J’avais hâte d’avoir les commentaires sur la façon dont le spectacle avait été reçu. Mais déjà, je ressentais un sentiment de fierté et de reconnaissance envers mes amis qui ont participé à l’événement; à ma gang du Cirque du Soleil…

Je n’ai pas beaucoup dormi pendant mon séjour dans l’espace car je me disais que je pourrais dormir une fois sur Terre! Je finissais toujours par m’endormir avec les yeux sur le hublot… Je pouvais voir 16 levers et couchers de soleil par jour : j’étais au comble!

J’ai été très surpris par la variété de la nourriture, qui provenait de plusieurs pays. Seuls les fruits frais m’ont un peu manqué.

C’est certain que tout est un peu plus compliqué dans l’espace, mais on s’y habitue… on développe des techniques et on s’accroche bien aux poignées! J’ai été impressionné de voir les équipements, le laboratoire flottant… Tout est coordonné de façon précise et tout le monde a beaucoup de travail à faire. Mais si l’apesanteur donne l’impression qu’on est statique, ça bouge là-dedans!

Au niveau physique, le sang monte à la tête donc on devient enflé. Tout notre corps s’adapte à l’apesanteur : les organes se positionnent un peu différemment, les muscles ne travaillent presque pas… C’est très sec aussi; les évaporations d’eau sont recyclées… même l’urine! Eh oui : j’ai bu de l’eau d’urine et j’ai trouvé que ça goûtait presque aussi bon que de l’eau de source!

J’ai aussi été impressionné par le nombre d’expériences qui se font à bord de la SSI, au service de la santé et de l’environnement… au service des êtres humains et de leur planète.

J’ai vécu un nombre incalculable de beaux moments durant ce périple, mais les plus beaux étaient ceux où je regardais la Terre. À chaque fois que je voyais quelque chose, une autre chose encore plus belle se présentait. Ne me demandez pas de vous décrire toutes les émotions que j’ai vécues : c’est impossible. C’est unique et profond. À part la naissance de mes enfants et des moments forts avec les gens que j’aime, ç’a été un des plus beaux moments de ma vie. Je remercie la vie de m’avoir permis de vivre ça.

Le constat de la beauté de notre planète amène aussi le constat de sa fragilité. Quand on voit que tout ce qui l’entoure est noir et lointain, on la trouve toute petite et vulnérable… et magnifiquement digne. Si un paradis existe, on y vit déjà. Maintenant, j’en ai la profonde conviction.

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