La gestion de l’eau en Australie
L’ensemble de la population australienne a accès à l’approvisionnement en eau potable. Toutefois, l’aridité croissante, la demande accrue en provenance des différents secteurs et les ressources limitées ont incité l’Australie à développer différentes solutions afin d’assurer l’accès de tous à ce service essentiel, aujourd’hui et demain.
Afin de capter l’eau et de l’emmagasiner, près de 500 barrages ont été construits sur les cours d’eau australiens. Dans le seul bassin Murray-Darling, pas moins de 28 barrages majeurs ont été érigés. En raison de la diminution du volume des précipitations et du ruissellement observés au cours des dernières années, ces barrages ne suffisent plus à emmagasiner assez d’eau pour subvenir aux besoins de la population et de l’économie australiennes. De plus en plus, les villes doivent limiter l’utilisation de l’eau des commerces et des résidants. Durant les années 2000, l’Australie a connu l’une des pires sécheresses de son histoire et, par conséquent, à la fin 2006, 71 % de la population australienne devait conjuguer au quotidien avec de telles restrictions.

Barrage Trevallyn, Launceston, Tasmanie, Australie
Le dessalement de l’eau de mer
La technique du dessalement de l’eau de mer, qui consiste à en extraire le sel pour produire de l’eau douce, a été explorée ces dernières années afin de trouver une source d’approvisionnement alternative. Confrontées au vieillissement de la population et à la demande croissante en eau, en plus de la possibilité de sécheresses plus fréquentes, les plus grandes villes australiennes investissent massivement dans la construction d’usines de dessalement. Selon les prévisions, 30 % de l’eau utilisée par les cinq villes les plus populeuses d’Australie (Sydney, Melbourne, Perth, Adélaïde, Brisbane) proviendra de la mer d’ici 2012.
Cette alternative ne fait toutefois pas l’unanimité, et ce, pour différentes raisons. D’abord, le coût élevé de cette technologie inquiète en laissant présager une augmentation importante des frais imposés aux usagers pour l’approvisionnement en eau. Ensuite, le dessalement est très énergivore, et son développement à grande échelle pourrait contribuer aux changements climatiques dont l’Australie ressent déjà les effets. Finalement, les rejets engendrés à travers le processus de dessalement pourraient avoir un impact négatif sur la faune aquatique et les écosystèmes.
Le recyclage des eaux usées
Chaque jour, des millions de litres d’eaux usées sont acheminés des résidences, des entreprises et des exploitations agricoles vers les usines de traitement, qui grâce à différents processus éliminent les contaminants qu’elles contiennent. Une fois traitées, ces eaux sont déversées dans les cours d’eau ou l’océan. La ville de Sydney à elle seule rejette ainsi quelque 450 milliards de litres d’eaux usées traitées dans la mer chaque année.
À l’image de plusieurs pays du monde, l’Australie se tourne de plus en plus vers le recyclage des eaux usées. Une fois traitées, celles-ci peuvent être réutilisées pour différents usages domestiques, industriels et agricoles pour lesquels l’eau potable n’est pas requise. La ville de Sydney s’est d’ailleurs donné pour objectif de recycler annuellement 70 milliards de litres d’eau d’ici 2015, afin de combler 12 % des besoins de la ville. Déjà en 2010, 44 milliards de litres d’eau recyclée ont été utilisés à Sydney et dans la région d’Illawarra, qui autrement auraient été puisés à même les réserves d’eau potable.
La collecte d’eau de pluie
La collecte de l’eau de pluie figure également parmi les solutions mises de l’avant par le gouvernement australien pour améliorer la gestion de l’eau. Les surfaces pavées des villes ne permettant pas à la pluie de s’infiltrer dans le sol, une quantité impressionnante d’eau ruisselle jusqu’aux égouts, fleuves et rivières. La collecte d’eau de pluie, qui peut être réutilisée ensuite à différentes fins, permet donc non seulement de réduire la consommation d’eau potable, mais aussi de diminuer les risques d’inondations. Les Australiens sont donc de plus en plus nombreux à recueillir l’eau de pluie à la maison et ailleurs, un geste simple qui peut faire une grande différence!

Réservoir d'eau dans un parc à Melbourne, Australie
Quelques chiffres
- Le volume d’eau de pluie qui ruisselle chaque année à Brisbane, Melbourne et Sydney s’élève à 1 285 gigalitres, soit presque l’équivalent du volume total d’eau consommé par les ménages de ces villes.
- La plus importante usine de recyclage d’eaux usées domestiques de Sydney, Rouse Hill, alimente en eau recyclée 20 000 foyers. 1,7 milliard de litres d’eau recyclée sont ainsi utilisés chaque année par les citoyens pour alimenter leurs toilettes, arroser leur jardin, laver leur voiture, etc.
Pour en savoir plus
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Consultez la
brochure publiée par Sydney Water.
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Lisez l’
article publié par le
New York Times.
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our en savoir d’avantage sur les barrages de Sydney, les bassins-versants et la manière dont vous pouvez aider, cliquez
ici.