EAU, ENFANTS ET ÉDUCATION

Dans les pays en développement, le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement a des conséquences sur l’éducation des enfants. De fait, les maladies liées à l’eau contaminée sont une cause importante d’absentéisme scolaire : elles sont responsables de la perte de 443 millions de journées d’école chaque année. Quand ils ne sont pas forcés de manquer les classes, de nombreux écoliers voient leurs facultés d’apprentissage amoindries par ces maladies, qui nuisent à leur développement, à leur concentration et à leur rendement scolaire.

Le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement se répercute aussi sur la qualité de l’enseignement. Ainsi, les meilleurs professeurs refusent de travailler dans les écoles dépourvues de toilettes et d’approvisionnement en eau. Ces établissements héritent donc souvent des enseignants les moins qualifiés, qui sont eux-mêmes à risque de contracter une maladie et de devoir s’absenter.

Le fardeau de la collecte de l’eau, qui peut prendre plusieurs heures chaque jour, est un facteur additionnel nuisant à l’éducation des enfants. Les jeunes filles, à qui cette tâche incombe le plus souvent, doivent parcourir de longues distances pour se rendre au point d’eau, ce qui les force à s’absenter de l’école. Le manque d’installations sanitaires en milieu scolaire nuit aussi à leur assiduité en classe en raison de leurs besoins hygiéniques spécifiques. En l’absence de toilettes pour assurer leur santé, leur sécurité et leur dignité, les jeunes filles sont fréquemment retirées de l’école lorsque survient la puberté, ou forcées de manquer les cours lorsqu’elles ont leurs règles. Sur les 104 millions d’enfants absents des bancs d’école, 65 millions sont des filles.

Améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement permet donc aux enfants, et particulièrement aux filles, de jouir pleinement de leur droit à l’éducation. Selon une étude réalisée en Tanzanie, réduire de 15 minutes le temps consacré à la collecte de l’eau permet de hausser de 12 % l’assiduité scolaire féminine. Il s’agit donc d’un vecteur privilégié de lutte contre la pauvreté, notamment parce que les jeunes femmes éduquées sont moins susceptibles d’être mariées contre leur gré, de mourir lors d’un accouchement ou d’avoir une famille nombreuse. De plus, les probabilités qu’elles donnent naissance à des bébés en santé sont plus élevées et elles sont plus enclines à envoyer leurs enfants à l’école. Finalement, les femmes qui ont pu aller à l’école jouissent de meilleurs salaires, sont plus productives et participent plus activement à la vie sociale, économique et politique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une amélioration de 10 % du taux d’alphabétisation chez les femmes engendre une hausse de 10 % de l’espérance de vie à la naissance, et une augmentation de 0,3 % de la croissance économique nationale. L’accès à l’eau et à l’éducation permet donc aux femmes de multiplier leurs possibilités, ce qui se répercute positivement sur leur famille et leur communauté.

Source : UNICEF.