LA CRISE DE L'EAU

Il existe sur la Terre une quantité d’eau suffisante pour répondre aux besoins de tous. Toutefois, l’eau est inéquitablement répartie, certains pays profitant de ressources abondantes alors que d’autres doivent conjuguer avec une situation de stress ou de rareté hydrique constituant un obstacle important à leur développement. Si la tendance actuelle se maintient, les deux tiers de la population mondiale pourraient faire face au stress hydrique d’ici 2025. La crise de l’eau menace donc de contrecarrer les efforts déployés jusqu’ici pour lutter contre la pauvreté et favoriser le développement durable au niveau social, économique et environnemental.

Outre la rareté résultant de conditions naturelles ou géographiques, de nombreux pays font face à un enjeu de rareté économique de l’eau : bien que les ressources soient relativement importantes, les infrastructures sont insuffisantes pour permettre à la population d’y avoir accès. Globalement, la crise de l’eau concerne 748 millions de personnes, qui encore aujourd’hui sont privées d’accès à l’eau potable. De plus, 2,5 milliards de personnes vivent sans accès à des installations sanitaires adéquates, ce qui constitue un risque additionnel pesant sur leur santé et leur développement, en plus d’altérer considérablement la qualité de l’eau et de l’environnement. L’eau contaminée est ainsi à l’origine de nombreuses maladies pouvant s’avérer mortelles. Chaque année, l’accès inadéquat à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène tue 3,5 millions de personnes. Particulièrement vulnérables, les enfants sont les premières victimes de ce fléau :chaque minute, un enfant meurt d’une maladie liée à l’eau contaminée.

Les femmes sont elles aussi concernées de façon disproportionnée par le manque d’accès à l’eau. Traditionnellement responsables de la collecte de l’eau, elles doivent souvent parcourir de longues distances pour se rendre à la source. Les femmes et les filles consacrent ainsi jusqu’à 6 heures par jour à cette corvée, qui les empêche de s’investir dans des activités productives ou éducatives. Leur indépendance financière s’en trouve donc limitée, ce qui contribue à renforcer l’inégalité homme-femme souvent profondément ancrée dans les mœurs et la culture. En raison de leurs besoins hygiéniques spécifiques, le manque d’accès à l’assainissement nuit quant à lui à la dignité des femmes, en plus de mettre à mal leur santé et leur sécurité.

La crise de l’eau se répercute aussi sur la sécurité alimentaire des populations. Le manque d’accès à l’eau limite la productivité des cultures, ce qui nuit immanquablement à la santé nutritionnelle des familles dépendantes de l’agriculture de subsistance. Leurs revenus et leur mode de vie s’en trouvent menacés, limitant leurs chances d’échapper à la pauvreté.

Le manque d’accès à l’eau constitue donc une contrainte importante au développement humain et socio-économique. L’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement permettrait de réduire radicalement la présence des maladies diarrhéiques et, de ce fait, de réaliser annuellement des économies de 11,6 milliards de dollars en frais de santé. En tenant compte du gain de productivité estimé (5,6 milliards de journées de travail additionnelles par an), les économies annuelles totales qui seraient générées dans le monde en développement s’élèvent à 263 milliards de dollars.

Pour des millions de personnes, améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement permet d’élargir l’horizon des possibles. Il s’agit donc d’une condition inéluctable à l’éradication de la pauvreté et au développement durable des communautés.

Source: UNICEF